1764 - 1768



L’extraordinaire voyage de Pierre Jean-Baptiste Pratt Du Par, au delà des terres de la Nouvelle France, à la recherche de l’animal inconnu des régions du fleuve Ohio dont nous connaissons les machelières carnassières.


 
 

Laventure commence aux jardins du Roi (Jardin des Plantes à Paris), chez le grand savant du XVIII ème siècle, Louis Jean-Marie Daubenton qui travaille sur les ossements d’une espèce d’éléphant inconnue à cette époque

La jeunesse et la curiosité poussent Pierre Jean-Baptiste Pratt Du Par, notre héros, à partir pour le Nouveau Monde à la recherche d’autres traces de l’animal qu’il croit carnivore et encore vivant.

En chemin il sympathise avec Neal Mclean l’écossais, peintre de huit ans son ainé accompagné de son valet métis et américain, John Evans.

Pratt Du Par tient un journal de bord et consigne son aventure. Il est illustré de nombreux dessins de McLean. Ce sont ces documents retrouvés qui nous permettent de conter aujourd’hui cette histoire.


Première étape, Philadelphie, ils y font connaissance de Benjamin Franklin et Thomas Jefferson et obtiennent de leur part, appuis et soutiens pour traverser des territoires alors interdits.


L’ensemble du récit est ponctué d’indiens de cultures différentes étrangement décédés. Certains sont mutilés. Les indices qui nous mènent à la fin de l’enquête et de l’histoire sur les montagnes sacrées des Black Hills, nous dévoilent les auteurs d’un horrible complot visant à s’accaparer les richesses des terres indiennes.


De nombreux personnages hauts en couleur et caractère, à l’image d’une Amérique riche de diversité et de liberté, vont se croiser et vivre cette quête : De l’octavon nègre au métis indien, les Français, les Anglais, les bourgeois et pauvres colons, les missionnaires réformés ou catholiques, les hommes de la Mineral & geological North Company, le coureur des bois béarnais et sa femme, la belle Aenyaha princesse huronne, l’esclave indien OzihoDzo, le peintre écossais et son valet noir, les bons et les cruels ”sauvages”, et l’animal, terrible carnivore, l’Ohioensis Incognitum ...



Molaire bosselé de « l’animal inconnu de l’Ohio » étudiée par Buffon

et figurée dans les «Époques de la Nature « (1778)


Très vite ils trouveront les premières traces de l’éléphant convoité, une magnifique défense et quelques os sur les bords de l’Ohio, alors appelé La Grande Rivière, mais on les observe ...

Une attaque shawnie détruit l’expédition à peine engagé sur les bords du fleuve, plusieurs membres y disparaissent.

Mortellement blessé, Pratt Du Par est sauvé par Aenyaha et OzihoDzo. Ils échappent au raid indien avec McLean et son valet Evans. Entourés par de nombreux indiens belliqueux, ils avancent à travers les lignes ennemies. Pour ne pas souffrir, mais surtout pour ne pas donner l’alerte, notre héros prend la mauvaise habitude de consommer des drogues qui le conduiront à la dépendance et la folie pour se perdre, dit-on, jusqu’aux confins de l’Alaska, aujourd’hui le Cap Pratt.


Après un long chemin de plusieurs semaines par le pays des Illinois, alliés des français, ils rejoignent enfin la ville de Saint-Louis à la jonction du Missouri et du Mississippi. Pierre Jean-Baptiste est soigné chez un missionnaire jésuite, KnickerBocker.

Il ne reste comme seul témoignage de l’expédition perdue, qu’une mule et un chien labrador, les outils de dessin de McLean, l’herbier de Pratt Du Par, son journal de bord commencé sur le bateau et surtout une défense preuve pour le jeune français que l’animal existe bien quelque part dans ce nouveau monde terre revendiquée au nom du Roy de France.

Un nouvel indice rapporté par un indien pousse l’expédition à se reconstruire et poursuivre l’animal en remontant la Big Muddy (le Missouri).

Ils ont tous de bonnes raisons de suivre Pratt. Persuadé d’être un jour célèbre, McLean veut dessiner le monstre et les indiens. Aenyaha est amoureuse de l’écossais. OzihoDzo veut racheter sa servitude et il aime en secret la belle squaw. Evans, quant à lui, œuvre dans l’ombre pour Monsieur EsteBan et complote avec KnickerBocker, qui n’a de rapport avec la compagnie de Jésus que la chasuble.


L’aventure se poursuit sur le Missouri et la rivière Cheyenne à travers l’immensité des paysages.

Nous découvrons l’Eden retrouvé, l’ile aux pélicans, la montagne des elfes, les Black Hills, les monts de la pipe et les prairies de fleurs sous le vent.

La peur et la mort rôdent. Au fil du récit, elles étendent leur influence.

Pendant ce long périple la nature effrayante et sauvage des paysages et des hommes nous accompagnent.

Pratt du Par s’abandonne dans la folie quand son ami McLean est tué par des Sioux Arikara.

OzihoDzo sauve le français mais pas de la démence.

La drogue et l’expérience chamanique, les moustiques, l’infection et la fatigue, le monstre que l’on sent et qui ne se montre jamais auront raison du jeune homme.

Pierre Jean-Baptiste Pratt Du Par disparait derrière les collines parmi les hautes herbes qui dansent sous le vent, toujours à la poursuite de l’objet de ses désirs.

Le groupe se disloque et l’expédition se meurt.

Evans et KnickerBocker sont tués par des Pawnnes qu’ils tentaient d’assassiner.

OzihoDzo prend en charge l’indienne qui met au monde une petite fille, fruit de l’amour avec McLean, près de de Wounded knee.

Aenyaha, personnage central de cette histoire qui par intelligence découvre la vérité sur les tueries d’indiens. Elle vole avant le départ de Pierre Jean- Baptiste le journal de bord qui retrace toute l’aventure. Elle y rassemble les dessins de McLean. Avec OzihoDzo et le bébé elle retourne à Saint-Louis ou elle dépose dans une imprimerie les précieux manuscrits avec la promesse d’être publiés et faire connaître leur histoire.

Mais ironie du destin ou image d’une Amérique déjà forte d’un libéralisme galopant, cette imprimerie est la propriété de Monsieur EsteBan qui n’a cessé de s’enrichir.

Le manuscrit fut perdu jusqu’à ce jour, retrouvé dans un grenier de Montauban en 1989, sa publication nous incombe aujourd’hui pour faire revivre cette formidable expédition engagée il y a deux siècles et demi, par un jeune naturaliste français Pierre Jean-Baptiste Pratt Du Par.